Avec des investissements industriels importants et le développement de nouveaux procédés, plusieurs acteurs français contribuent à structurer une filière de recyclage des textiles en fin de vie. Au-delà des capacités de traitement, l’enjeu reste de produire des matières recyclées de qualité, capables de retrouver des applications textiles.
Dagobaire investit dans une nouvelle unité industrielle
Le recyclage des textiles en fin de vie franchit une nouvelle étape en France. L’entreprise Dagobaire a annoncé un investissement de plus de 18 millions d’euros pour développer une nouvelle unité industrielle à Neuville-en-Ferrain, dans les Hauts-de-France.
Soutenu notamment par l’ADEME dans le cadre du programme France 2030, à hauteur de 8,9 millions d’euros selon les informations publiées, le projet prévoit une capacité de traitement pouvant atteindre 10 000 tonnes de textiles par an.
Cette nouvelle installation doit permettre de renforcer les capacités de tri et de valorisation des textiles usagés, notamment grâce à une ligne de tri semi-automatisée. L’objectif est de développer des solutions industrielles capables de traiter des volumes croissants de déchets textiles et de leur offrir de nouveaux débouchés.
Plusieurs initiatives pour structurer la filière
L’investissement de Dagobaire s’inscrit dans une dynamique plus large de développement du recyclage textile en France.
D’autres initiatives témoignent de cette évolution :
- Nouvelles Fibres Textiles, avec le projet FIREX, travaille à l’industrialisation du tri et du recyclage des textiles usagés, afin de développer de nouvelles matières premières recyclées.
- Rewind PET, développé par Axens, IFPEN et JEPLAN, explore une voie de recyclage chimique des textiles riches en polyester, avec l’ambition de permettre leur transformation en nouvelles matières premières.
Ces projets illustrent la diversité des technologies nécessaires pour traiter des déchets textiles de compositions variées. Le recyclage mécanique, le recyclage chimique et l’amélioration des opérations de tri sont autant de leviers complémentaires pour développer une économie circulaire dans le secteur textile.
Au-delà des volumes, l’enjeu de la qualité des matières recyclées
L’augmentation des capacités industrielles constitue une étape indispensable, mais elle ne suffit pas à garantir le développement d’une véritable filière textile-à-textile.
L’un des principaux défis consiste à obtenir des matières recyclées présentant des propriétés suffisamment proches de celles des matières vierges pour être réintroduites dans la fabrication de nouvelles fibres.
Cet enjeu est particulièrement important pour le polyester. Le recyclage thermomécanique peut entraîner une dégradation des chaînes polymères et une diminution de la viscosité intrinsèque, affectant directement l’aptitude du PET recyclé au filage.
C’est précisément l’un des défis technologiques abordés par le projet européen RE-APS. Le projet étudie notamment des solutions permettant de préserver et de restaurer les propriétés moléculaires du polyester recyclé, entre autres grâce à la polycondensation à l’état solide (SSP).
L’objectif est de contribuer au développement de procédés permettant de transformer des déchets textiles en polyester en nouvelles fibres, et ainsi de renforcer les perspectives du recyclage textile-à-textile.
L’industrialisation des filières de recyclage est en marche. Leur développement dépendra désormais autant de leur capacité à traiter des volumes importants que de leur aptitude à produire des matières recyclées de qualité, adaptées aux exigences de l’industrie textile.
Plus d’informations :










